Tronçon St-Hyacinthe-Stanbridge Station: la députée Soucy se défend

Tronçon St-Hyacinthe-Stanbridge Station: la députée Soucy se défend

Non, le projet de piste cyclable entre Saint-Hyacinthe à Stanbridge Station n’est pas bloqué au gouvernement du Québec.

David-Olivier Huard

C’est l’assurance que donne la députée Chantal Soucy, en réponse à la récente sortie du conseiller municipal de Saint-Hyacinthe, David-Olivier Huard, qui s’impatiente devant la lenteur du processus menant à la concrétisation de l’aménagement d’un tronçon de près de 70 kilomètres en Montérégie.

Ce dernier, voyant le projet devenir de plus en plus politique, déplorait qu’il soit coincé du côté du ministère des Transports.

Selon lui, le gouvernement du Québec n’avait toujours pas confié le mandat à l’Office des transports du Canada (OTC), permettant de faire avancer les démarches.


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«Contrairement à ce qui est véhiculé, le dossier n’a jamais été bloqué, Il est encadré par une procédure fédérale stricte, prévue par la Loi sur les transports du Canada», se défend Mme Soucy dans une publication Facebook.

«Le CPKC (propriétaire de la voie ferrée) n’a transmis son offre de transfert au ministère des Transports et de la Mobilité durable (MTMD) qu’au mois de mars 2025. C’est à partir de ce moment que le MTMD pouvait intervenir formellement dans le dossier. Il a agit rapidement en confirmant son intérêt et en amorçant les négociations.»

Le gouvernement du Québec souhaite acquérir les embranchements Saint-Guillaume 1 et 2 et Stanbridge. Cependant, le CPKC demande un prix déraisonnable, constate Mme Soucy.

«Devant cet écart important, le MTMD a choisi de recourir au mécanisme prévu par la Loi sur les transports du Canada afin d’obtenir une détermination indépendante et objective de la valeur nette de récupération», écrit-elle.

Suivis réguliers

Au bureau de la députée de Saint-Hyacinthe, on ajoute que Mme Soucy a toujours été en faveur de ce projet et continue de l’être.

On effectue des suivis réguliers avec le cabinet du ministre des Transports pour s’assurer que le dossier chemine. L’équipe de la députée caquiste relaie ensuite l’information à la MRC des Maskoutains qui est le porteur et l’interlocuteur du dossier dans la région.

Le gouvernement du Québec demeure intéressé par l’acquisition de l’emprise ferroviaire, mais l’enjeu se situe du côté de son coût d’acquisition, explique dans un courriel Félix Bhérer-Magnan, directeur du bureau de comté et conseiller politique de Chantal Soucy.

«L’argent des contribuables doit être très rigoureusement dépensé, assure-t-il. C’est justement pour cette raison que le MTMD va mandater l’OTC pour une évaluation indépendante et rigoureuse de la valeur nette résiduelle de l’emprise ferroviaire convoité.»

«C’est un processus prévu par la législation fédérale et oui, celui-ci exige du temps. Il faut être patient, mais cela ne signifie pas pour autant que le dossier est bloqué, au contraire. À ce stade, l’obtention d’un décret du conseil des ministres est nécessaire afin que le MTMD mandate l’OTC pour cette évaluation. Je ne peux pas m’avancer sur une date exacte, mais le décret devrait être signé prochainement.»

Certes, le projet n’avance pas au rythme que le souhaiterait M. Huard mais il y a des étapes incontournables à respecter, ajoute M. Bhérer-Magnan.

Adopté le 20 mai dernier

Le décret du 20 mai.

Le fameux décret du Conseil des ministres a été adopté le 20 mai dernier, soit avant l’intervention au conseil municipal de Saint-Hyacinthe le 1er juin dernier du conseiller municipal David-Olivier Huard, poursuit-il.

Par la suite, le document a été publié dans la Gazette officielle du Québec, le mercredi 10 juin.

«Ce décret mandate officiellement l’OTC de procéder à une évaluation indépendante et objective de la VNR des embranchements ferroviaires St-Guillaume 1 et 2 et Stanbridge. Le délai moyen d’analyse est de huit mois si l’on fie aux demandes similaires adressées à l’OTC dans le passé et il est hors de notre contrôle», affirme-t-il, en présentant le document.

«La députée va continuer d’effectuer un suivi serré dans ce dossier.»

M. Bhérer-Magnan dit avoir discuté avec le conseiller David-Olivier Huard à la suite de son intervention au conseil municipal du 1er juin.

Rappelons que le maire André Beauregard avait aussi abondé dans le même sens que son conseiller ce soir-là.

Le propriétaire du tronçon, le Canadian Pacifique, ayant exprimé sa volonté de le vendre, la balle était donc dans la cour du gouvernement provincial pour faire avancer ce dossier, avait-il exprimé. Selon lui, le projet fait malheureusement du surplace.

Pris dans les rouages politiques

«Politique» est le mot qui me revient en tête quand je vois la tournure des événements. À l’approche des élections provinciales de 2026, ce dossier risque de devenir un symbole de la capacité — ou de l’incapacité — du gouvernement à faire avancer des projets réclamés depuis longtemps par les collectivités locales.

Je l’ai souvent écrit, malgré son potentiel énorme, ce projet progresse beaucoup plus lentement que le souhaiteraient ses promoteurs. La transformation de cette ancienne emprise ferroviaire abandonnée en une piste multifonctionnelle serait un atout essentiel pour cette région.

Il s’agit d’une véritable plaie au cœur de la Montérégie.

Les trois MRC — Des Maskoutains, De Rouville et Brome-Missisquoi — ont uni leur voix pour faire avancer ce projet structurant. Ses retombées seraient majeures, dans un contexte où le réseau cyclable québécois accueille un nombre croissant d’utilisateurs.

Aussi, cette nouvelle piste permettrait de désenclaver la région maskoutaine, qui souffre d’être privée d’un axe cyclable sécuritaire vers les territoires voisins.


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