La MRC du Val-Saint-François en a marre de voir des véhicules motorisés interdits circuler sur ses pistes cyclables. Elle brandit des amendes sévères à l’intention des contrevenants.
À la suite de signalements concernant la présence de motocross, quads, motos, etc., la MRC rappelle que les véhicules motorisés sont interdits en tout temps sur l’ensemble du réseau cyclable.

Leur présence a été signalée dans les secteurs de Valcourt et de Melbourne.

Toute personne contrevenant à cette réglementation s’expose à «une amende pouvant atteindre 4000 $», avertit la direction de la MRC estrienne dans un communiqué de presse.
«En plus de mettre en péril la sécurité des usagers, cette situation nuit à la cohabitation harmonieuse», fait-on remarquer.
«Comme une grande partie du réseau cyclable traverse des terrains privés, il est essentiel de respecter les droits de passage accordés par les propriétaires aux usagers de la mobilité active seulement. Des comportements nuisibles pourraient compromettre le maintien de ces ententes, qui sont indispensables à l’acceptabilité du réseau.»
Appelez la SQ
La MRC invite les citoyens constatant la présence de véhicules motorisés sur le réseau cyclable à communiquer rapidement avec la Sûreté du Québec (SQ) en composant le 819-310-4141.
Chaque signalement permettra à la SQ d’orienter ses interventions aux endroits où elles sont les plus nécessaires et d’intercepter les personnes contrevenant à la Loi sur les véhicules hors route et aux règlements municipaux, ajoute-t-on.
«Au cours de la dernière année, la MRC a investi plus d’un million de dollars dans la réfection et l’amélioration du réseau cyclable, notamment dans les secteurs de Valcourt et de Melbourne. Ces travaux d’envergure ont permis de refaire la surface du sentier et d’améliorer le confort ainsi que la sécurité des usagers», relate la MRC.
«La présence de véhicules motorisés sur les pistes cyclables entraîne une détérioration prématurée des aménagements réalisés et génère des coûts d’entretien supplémentaires assumés collectivement.»
Des traces de pneus

Dans la MRC de Bellechasse, on remarque également la présence de véhicules motorisés interdits sur le réseau cyclable. En juin, des traces de pneus ont été signalées sur la Cycloroute qui traverse le territoire.
Les traces observées laissent croire que des automobilistes en manque de sensations fortes ont utilisé la piste comme une piste d’accélération.
«Ces gestes peuvent compromettre la sécurité des cyclistes et endommager l’infrastructure», pouvait-on lire sur une publication Facebook.
« Cette utilisation de la piste est interdite et dangereuse, de jour comme de nuit. »
Une cohabitation avec les quads?
Si la présence illégale de véhicules motorisés suscite des inquiétudes, une autre question mérite d’être posée : est-il possible, dans certaines circonstances, de concevoir des aménagements permettant à différents types d’usagers de partager un même corridor?

Récemment, le cycliste/blogueur Gab Vaugeois y est allé d’une réflexion intéressante sur le partage des pistes cyclables récréatives.
Est-ce que la cohabitation est possible, par exemple, avec des sentiers de quad? Pourrait-on profiter des atouts des uns et des autres pour développer le réseau?
«Au Québec, on a vraiment cette approche où on ne mélange pas vélo et VTT sur les mêmes sentiers. Néanmoins, en Ontario, l’approche se veut plus utilitaire. Par conséquent, on va avoir des sentiers multifonctionnels où on mélange effectivement vélo et VTT», écrit le fondateur de Véloroute Québec dans une publication Facebook.
Certains diront que leur présence peut endommager le sentier. À cela, il répond qu’il y a une solution et c’est peut-être en Acadie qu’elle se trouve.
«Sur la Véloroute de la Péninsule acadienne, on avait parfois deux voies : une piste pour le vélo et une voie réservée aux quatre-roues. Ce même genre d’aménagement est présent en Montérégie, sur la Véloroute du Roussillon, où, cette fois-ci, ce sont les agriculteurs en tracteur qui ont un droit de passage», renchérit Gab.
«Je crois que c’est une solution très simple! Essentiellement, on met tout le monde à la même table. Je crois même qu’on pourrait avancer plus vite dans la création de nombreux sentiers. L’union fait la force et tout le monde veut un accès aux paysages!»
La présence illégale de véhicules motorisés sur les pistes cyclables pose un problème bien réel de sécurité et de préservation des infrastructures. Mais au-delà des infractions, la réflexion de Gab Vaugeois soulève une question intéressante : faut-il nécessairement opposer cyclistes et amateurs de quad?
L’expérience de certains corridors, où les usages sont séparés ou adaptés aux besoins de chacun, mérite qu’on s’y attarde. Dans un contexte où le Québec cherche à développer son réseau de sentiers récréatifs, la cohabitation pourrait-elle devenir une solution pour ouvrir de nouveaux corridors, sans compromettre la sécurité ni la qualité de l’expérience des cyclistes?
Une chose est certaine : toute solution devra reposer sur des aménagements réfléchis, des règles claires et le respect de tous les usagers.
Ce texte parle des pistes cyclables des régions:
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