De Ste-Cécile à l’Estriade: il faudra encore quelques années

De Ste-Cécile à l’Estriade: il faudra encore quelques années

Les cyclistes de Sainte-Cécile-de-Milton rêvent d’un lien vers Granby devront encore patienter.

Malgré l’enthousiasme ambiant exprimé il y a quelques mois à l’hôtel de ville, on est maintenant «sincèrement désolé de constater que le projet ne pourra malheureusement pas être réalisé au cours de l’année 2026».

Il faudra attendre d’abord que la Commission de Protection du Territoire Agricole (CPTAQ) donne son accord, m’avise Michel Larouche, directeur général de la municipalité.

«Une fois ces autorisations obtenues, nous devrons également obtenir les approbations requises du ministère de l’Environnement», écrit-il dans un courriel.

«Par la suite, il faudra procéder aux négociations avec les propriétaires des terrains concernés avant de pouvoir entreprendre les travaux de construction et l’implantation de la piste cyclable. Ces étapes sont essentielles à la réalisation du projet et leur échéancier demeure tributaire des autorisations et ententes nécessaires.»

Municipalité enclavée

En avril, le maire Paul Sarrazin disait avec énergie que Sainte-Cécile-de-Milton touchait presque à son but d’enfin avoir une piste cyclable pouvant se brancher au Réseau vélo Yamaska, qui comprend la très populaire Estriade, qui va de Granby à Waterloo.

La municipalité souhaite être reliée au Réseau Vélo Yamaska. / Archives

Enclavée, la petite municipalité est la seule de la MRC de la Haute-Yamaska à ne pas être reliée à ce réseau cyclable, se plaignait le maire Sarrazin.

La CPTAQ est chargée de l’application de la Loi sur la protection du territoire et des activités agricoles et de la Loi sur l’acquisition des terres agricoles par des non-résidents.

M. Larouche n’a pas avancé de date pour la réalisation du projet, mais force est de constater qu’il faudra ajouter encore quelques années. Sainte-Cécile-de-Milton, qui souhaite profiter de la popularité des pistes cyclables récréatives, en rêve depuis au moins 20 ans.

Le projet Au fil des rivières

Pendant ce temps, au lac Saint-Jean, une piste cyclable fait le bonheur des cyclistes des petites communautés d’Albanel et de Girardville. Celle baptisée poétiquement Au fil des rivières est reliée à la bien connue Véloroute des bleuets.

Le parallèle avec le dossier Sainte-Cécile-de-Milton se fait tout seul. On se réjouit d’être ainsi branché à un aussi grand réservoir de cyclistes, alors que le cyclotourisme est en pleine ascension.

Dominique Gobeil / Réseau Parq 

Ce qui était auparavant un sentier quelconque est devenu une véritable piste multifonctionnelle depuis qu’on a asphalté une portion de 15 kilomètres en 2022, reconnaît Dominique Gobeil, gestionnaire au Parc régional des Grandes-Rivières du lac Saint-Jean.

«C’est une infrastructure qui répond à plusieurs besoins et qui améliore la qualité de vie des citoyens», affirme-t-il.

«Elle est utilisée pour ce qu’on appelle de la mobilité douce, comme le vélo, mais aussi le jogging, la marche et différents petits véhicules électriques.»

Le parcours Au fil des rivières est long au total de 45 kilomètres. En 2027, on prévoit asphalter une autre portion de 15 kilomètres, ajoute M. Gobeil.

«Pour nous, cette piste cyclable a été une réalisation dont personne ne regrette», résume-t-il.

Communautés en attente

Je ne peux m’empêcher de penser à d’autres régions enclavées, comme celle de Saint-Hyacinthe en Montérégie, qui souhaitent être reliées au grand réseau cyclable québécois. Le cyclisme et le cyclotourisme sont des vecteurs de développement et tout le monde veut profiter de la manne.

Pas surprenant de voir que des communautés investissent des efforts pour faire aboutir des projets de piste cyclable.

Signée ma pétition!

Le dossier de Sainte-Cécile-de-Milton rappelle qu’un lien cyclable peut représenter beaucoup plus qu’un simple tracé sur une carte. Pour une petite municipalité, se brancher à un grand réseau comme le Réseau vélo Yamaska, c’est aussi ouvrir la porte à davantage de visiteurs, stimuler le tourisme de proximité et offrir un nouvel outil de mobilité aux citoyens.

Les exemples d’Albanel et de Girardville montrent que les retombées peuvent être bien réelles. Ailleurs au Québec, d’autres communautés rêvent du même genre de connexion.

Le vélo n’est plus seulement un loisir. Pour plusieurs municipalités, il devient un véritable outil de développement régional.

Reste maintenant à savoir combien d’années Sainte-Cécile-de-Milton devra encore attendre pour prendre le train en marche.

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Estrie

Saguenay-Lac-Saint-Jean