L’autre jour, j’ai assisté à une scène particulière. Un monsieur promenant son chien dans un parc longeant une piste cyclable a stoppé sa marche pour ramasser les excréments de son animal.
Le plus ironique c’est que 20 mètres plus loin, une horde de bernaches traversait la voie cyclable… en laissant des traces bien évidemment.

Ces oiseaux et leurs fientes se font de plus en plus visibles sur nos trajets.
On demande aux propriétaires de chien de ramasser les cacas de pitou dans les endroits publics comme les parcs. Avec raison. On ne souhaite pas rouler dans la merde des chiens, mais nos bernaches s’exécutent, nous obligeant à faire du slalom sur les pistes cyclables.
Opérations d’effarouchement
Plusieurs municipalités cherchent des moyens pour éviter les nuisances de cet animal faisant partie des «espèces protégées».

Ce printemps, le conseil de l’arrondissement Ahuntsic-Cartierville, à Montréal, a octroyé un contrat de 85 254,46 $, pour la réalisation d’opérations d’effarouchement cette année, de la mi-avril à la fin septembre.
Le mandat vise à mieux gérer la présence des bernaches dans les parcs et les espaces publics, tout en contribuant aux efforts de recherche sur leurs déplacements et comportements.
«Les bernaches produisent chacune près d’un kilo d’excréments par jour, ce qui occasionne d’importants problèmes de salubrité et des risques pour la santé (par exemple, la salmonellose)», écrivait-on.
«Leur présence en grand nombre est également une source de nuisance pour la pratique d’activités sportives et récréatives, sans compter les nombreux dommages causés à l’environnement.»
Les autorités mentionnent qu’il est strictement interdit de les nourrir.
Récemment, la Commission de la capitale nationale, qui gère notamment plusieurs sentiers polyvalents dans la région d’Ottawa-Gatineau, a lancé un message à l’intention des usagers. Ils doivent demeurer «respectueux envers tous les usagers, peu importe leur âge ou leur taille!» L’image choisie montrait une cycliste qui devait s’arrêter pour laisser des bernaches et leurs poussins traverser sans presse la piste cyclable.
C’est justement en circulant sur le réseau cyclable de capitale canadienne, il y a quelques années, que j’ai été confronté pour la première fois à ces oiseaux qu’on appelle aussi outardes.
On m’avait expliqué qu’elles raffolent de l’herbe des parcs en grand nombre dans ces deux villes. Si un cours d’eau se trouve à proximité, on a la combinaison parfaite.
Il n’est pas possible de tout simplement les éliminer, m’avait-on dit également.
Des lasers
De l’autre côté de la rivière des Outaouais, la Ville de Gatineau concentre ses efforts sur les bernaches aux plages Des Cèdres, Moussette et Beauchamp, ainsi que sur quelques terrains sportifs et touristiques. Les fientes polluent l’eau de baignade et on souhaite réduire le nombre de bernaches sur le territoire.
Pour l’effarouchement, on utilise des lasers, des engins téléguidés, des détonations sonores et de faux prédateurs. Les actions de la Ville comprennent aussi le contrôle des nids, la modification de l’habitat pour les rendre moins accueillants et le ramassage des fientes par les sauveteurs et les cols bleus.
Une attaque de bernache
Si la plupart des rencontres avec les bernaches se limitent à quelques fientes sur la chaussée ou à une traversée qui ralentit les cyclistes, certaines peuvent être plus mouvementées. À Moncton, un cycliste a même été attaqué.

Dans un reportage diffusé par Radio-Canada en 2023, on peut voir une bernache attaquer un cycliste à Moncton, au Nouveau-Brunswick.
Lors de cette randonnée mouvementée, le cycliste avait été légèrement blessé.
Un biologiste du Service canadien de la faune conseillait aux gens de ne pas s’approcher de ces oiseaux ni de leurs nids. Les bernaches n’ont pas l’intention de frapper l’humain, seulement de de l’éloigner, dit-il.
Ce dernier avait remarqué que les interactions avec les bernaches dans les parcs étaient plus fréquentes au printemps.
Ce texte parle des pistes cyclables des régions:
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