Et si des remèdes se trouvaient au bout de nos pédales, nous, adeptes de pistes cyclables récréatives?
Si chaque sortie à vélo déclenchait une réaction bénéfique dans tout notre organisme, bien au-delà des muscles? Le vélo peut-il produire une hormone capable d’influencer notre santé?
C’est ce que laissent entrevoir plusieurs chercheurs qui s’intéressent à l’irisine, une hormone produite par les muscles lors de l’exercice. Tout n’est pas démontré, disons-le tout de suite.
Pédaler de façon soutenue pourrait activer cette «hormone du mouvement». Le vélo ferait plus que renforcer le cœur et les jambes. Lors de l’effort, le corps déclencherait aussi une série de réactions invisibles, mais fascinantes.
C’est exactement ce que suggère cette hormone encore peu connue du grand public.
Une petite recherche sur le web montre qu’elle intéresse déjà plusieurs scientifiques. Elle serait bénéfique pour combattre certaines maladies. Des noms comme Sclérose en plaques et l’Alzheimer reviennent constamment. «L’hormone de l’exercice» agirait sur le cerveau.
Et le cancer?
Je suis tombé récemment sur une vidéo YouTube qui va encore plus loin. Certaines études explorent même un rôle potentiel de l’irisine dans la lutte contre certains cancers. Mais attention: on est encore loin de pouvoir parler d’un traitement ou d’une prévention démontrée.
La vidéo cite également des travaux associant une bonne condition physique d’athlètes à une diminution du risque de certains cancers. Il reste toutefois difficile d’attribuer cet effet à la seule irisine.
Aussi, certaines entreprises pharmaceutiques auraient tenté de reproduire cette hormone en laboratoire, mais en vain. Elle doit venir du corps.
« Ça doit faire mal! », lance l’auteur de la vidéo. Vos membres doivent brûler lors des exercices, exolique Japan D+ (17 millions d’abonnés) dans sa vidéo. On doit dépasser la «Zone 2» pour que l’irisine fasse effet.

La molécule des muscles doit être fabriqué à haute intensité pour détruire les cellules cancéreuses, ajoute-t-il, en s’adressant aux cyclistes de 50 ans et plus. Le corps la produit en 20 minutes à l’effort, mais pas lorsqu’on pédale confortablement.
Selon l’auteur de la vidéo, il faut atteindre un effort soutenu, au-delà de la fameuse Zone 2, où parler devient difficile et où les jambes commencent à brûler.
Comment dépasse-t-on cette fameuse Zone 2? En s’attaquant à une bonne côte, par exemple. En augmentant franchement l’intensité.
C’est le seuil que la plupart des cyclistes de plus de 50 ans ont cessé de franchir, se désole-t-il.
Deux séances de 20 minutes par semaine suffisent.
Un texte paru dans Scientific Reports, abonde dans le même sens.
Des chercheurs ont observé que l’irisine ralentissait la prolifération de cellules cancéreuses ovariennes cultivées en laboratoire et favorisait leur destruction naturelle (apoptose). Des résultats encourageants, mais obtenus uniquement sur des cellules, pas chez des patientes.
Restons prudents
On doit aussi dire que les recherches concernant l’irisine en sont encore à un stade relativement jeune, mais plusieurs pistes intéressent les scientifiques :
- un rôle potentiel dans la régulation du métabolisme énergétique
- une possible influence sur la transformation des graisses
- un lien avec la sensibilité à l’insuline
- des effets indirects sur la santé des os et du cerveau
Il faut rester prudent : ces effets ne sont pas tous confirmés de manière définitive chez l’humain. L’irisine demeure un sujet actif de recherche et les résultats varient selon les études.
Mais les cyclistes devraient s’y intéresser. Le message est simple : le mouvement déclenche des réactions profondes dans le corps. Le cyclisme, activité d’endurance accessible et répétitive, fait partie des exercices susceptibles de stimuler ces processus biologiques. Autrement dit, chaque sortie à vélo ne se limite pas à brûler des calories : elle participe aussi à un ensemble complexe d’adaptations internes.
On parle souvent du vélo pour ses bienfaits visibles : la forme physique, le plaisir, les paysages, la liberté. L’irisine rappelle qu’il existe aussi une dimension invisible : un dialogue constant entre les muscles et le reste du corps, activé simplement par le mouvement.
Au fond, qu’elle devienne un jour la vedette de nouveaux traitements ou qu’elle demeure simplement une fascinante découverte scientifique, l’irisine nous rappelle une chose toute simple : chaque fois que nous enfourchons notre vélo, notre corps travaille pour nous d’une foule de façons que nous commençons à peine à comprendre.
À retenir :
- L’irisine est bien produite par les muscles pendant l’exercice.
- Son rôle dans le métabolisme est reconnu.
- Son effet sur le cerveau, le diabète ou certains cancers est activement étudié.
- Aucune preuve ne permet actuellement d’affirmer qu’elle guérit le cancer chez l’humain.
- Une raison de plus… de continuer à pédaler!
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