Il m’arrive souvent de réfléchir aux régions mal desservies en infrastructures cyclables récréatives. L’Île d’Orléans me vient immédiatement en tête.
Pourquoi? L’île est déjà très populaire auprès des cyclistes. Les fins de semaine d’été, les adeptes sont attirés par les 67 kilomètres de la route 368 qui ceinturent l’île dans le fleuve Saint-Laurent.
Ceux-ci doivent rivaliser avec les automobilistes qui sont eux aussi nombreux à y effectuer une «ride de char» pour admirer le paysage et les maisons ancestrales.
Plusieurs se plaignent que l’accotement ne laisse pas suffisamment d’espace pour les deux véhicules dans plusieurs secteurs de l’île. Cela contraint les bicyclettes et les voitures à se partager la route parfois très étroite.

Autre raison : le nouveau pont en construction à partir de la rive nord du Saint-Laurent comprendra une voie cyclable. Une fois rendu à l’autre bout de la nouvelle structure, les cyclistes perdront cette piste cyclable.
Ça équivaut à dire bonjour au visiteur et lui fermer la porte au nez avant qu’il n’entre…
Sur le site officiel de promotion du tourisme de l’île, il faut chercher longtemps pour trouver le mot vélo…
Des études
Le projet d’aménager une véritable piste cyclable hors route ne date pas d’hier. Une recherche permet de comprendre que tout le monde en veut, mais les solutions tardent à se concrétiser.

La MRC de l’Île d’Orléans a commandé des études à ce sujet afin de connaître l’infrastructure nécessaire pour développer les pistes cyclables souhaitées. La réalisation serait complexe, selon un reportage de Radio-Canada diffusé en 2021.
On y indiquait que le nouveau pont allait possiblement être la bougie d’allumage pour pousser le dossier quand il sera complété… «dans 5 à 6 ans». Ce qui équivaut à 2027.
Une piste cyclable ceinturant l’île aurait des chances d’offrir une perspective autre que celle de la route. Elle pourrait à l’occasion longer la rive du fleuve ou emprunter les hautes terres pour contourner les villages.
Elle offrirait alors plusieurs kilomètres de randonnée, compte tenu que son parcours ne serait pas linéaire. Les sites d’hébergement en profiteraient.
On devrait aussi penser à faciliter l’accès aux producteurs locaux, comme les maraichers, les pommiculteurs, les vignobles et autres produits du terroir.
Route du Mitan
Il faudrait qu’elle soit liée à la Route du Mitan. Il s’agit d’un chemin champêtre pittoresque de huit kilomètres traversant l’île d’Orléans de part en part.

Il relie les villages de Sainte-Famille, sur la rive nord, à Saint-Jean, sur la rive sud. C’est un raccourci peu connu, mais très agréable pour ses paysages agricoles, ses cultures de petits fruits et sa vue sur la côte de Beaupré. La Route du Mitan est idéale pour le vélo et la marche.
À la fin de l’été, des odeurs de fraises et de framboises tombées au sol se font sentir. Les plants de pomme de terre en fleurs libèrent un agréable parfum.
Du potentiel
Donc tout est en place pour faire de l’Île d’Orléans une destination cyclable incontournable. Il ne manque qu’un élément essentiel : une véritable piste cyclable à la hauteur de son potentiel.
L’Île d’Orléans a déjà tout pour séduire les cyclistes. Il ne reste qu’à leur offrir un chemin digne de ce paysage… plutôt que de les laisser se débrouiller sur la route.
Parce qu’en ce moment, rouler à vélo sur l’Île d’Orléans, c’est aimer l’endroit… malgré ses routes.
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Les inconnues de l’île d’Orléans
Août 1792. Après avoir été prise en chasse par des révolutionnaires, la famille de Grandmaison quitte la France in extremis, laissant derrière elle ses terres, sa fortune et ses titres de noblesse. Fuyant à bord d’un bateau de marchandise, elle arrive à Québec, avant d’élire domicile à l’île d’Orléans.

Un guide de l’île d’orléans
L’île d’Orléans regorge de vignobles, cidreries et fermes cultivant des fruits et légumes. Il y a des champs de lavande, des musées et une variété de casse-croûte et restaurants.
C’est le paradis des gourmands et une destination d’escapade tranquille.

