La «véloconomie» s’impose: le Québec doit suivre le rythme

La «véloconomie» s’impose: le Québec doit suivre le rythme

Le cyclotourisme sur pistes cyclables ne doit plus être considéré comme une simple variable dans l’économie globale du Québec. On parle davantage d’un solide secteur qui rapporte des sous et qui doit être reconnu parmi les autres industries.

Guillaume Lavoie / Archives

Il faut même valoriser la «véloconomie», terme forgé par le cycliste Guillaume Lavoie, qui porte la bonne nouvelle à qui veut bien l’entendre. Il s’agit de la fusion des mots «vélo» et «économie» qu’on ne peut dissocier, tellement le cyclisme pèse dans la balance au Québec.

«Le vélo est un outil de prospérité!», lance celui qu’on connaît aussi comme membre associé à l’Observatoire à la Chaire Raoul-Dandurand, spécialisé en politique américaine.

«Les gens à vélo dépensent plus que les gens en voiture. L’essence qui va dans l’auto est dépensée autrement sur le terrain. Les cyclistes ont le temps de s’arrêter dans les restaurants, les crèmeries, les commerces locaux…»

4,5 millions de cyclistes

Selon ces chiffres, 4,5 millions de Québécois se disent cyclistes. Il se vend annuellement 600 000 vélos par année chez nous.

Au chapitre du tourisme, les vacances sur deux roues rapportent des centaines de millions de dollars. L’industrie touristique revendique des milliers d’emplois.

«On ne peut pas se passer des retombées économiques du vélo, renchérit-il. La mise en bonne forme physique et les saines habitudes de vie qu’apportent le vélo, c’est un bonus.»

«Le cycliste est un bon mangeur, un bon buveur. Il dépense des calories en pédalant. Le soir, ce vacancier veut bien manger dans les restaurants.»

La popularité croissante du vélo à assistance électrique (VAE) a changé la donne, poursuit-il. En 2020, on estimait qu’un vélo sur quatre était un VAE. Il occuperait aujourd’hui, cinq ans plus tard, le tiers du parc de bécanes au Québec.

Guillaume Lavoie invite les gens à examiner les prix des vélos de nos jours. Sur les pistes cyclables, il n’est pas rare d’en croiser qui valent plusieurs milliers de dollars. Conclusion : les cyclistes ont souvent des moyens plus élevés que le reste de la population.

Sommet vélo Saguenay-Lac-Saint-Jean

C’est en gros ce message qu’il a livré récemment lors du Sommet vélo Saguenay-Lac-Saint-Jean, à Alma. Sous le thème « Rassembler. Comprendre. Avancer. », cet événement a réuni des représentants du monde municipal, de l’industrie touristique, des organisations régionales ainsi que des partenaires corporatifs.

M. Lavoie était le conférencier vedette de l’événement. Devant l’assistance intéressée, il a pu prêcher en faveur de la «Véloconomie», incitant à penser le vélo en termes d’activités et de retombées économiques importantes.

Le cycliste doit pouvoir se rendre de façon sécuritaire aux secteurs commerciaux. / Le Cycliste du dimanche

Les instances locales doivent considérer l’accès et la mobilité sur deux roues pour pouvoir attirer cette clientèle dans leurs commerces. Un cycliste pense terrasse ensoleillée quand il pédale d’une localité à l’autre.

«Si la piste cyclable ne passe pas près du village et qu’on n’a pas aménagé un sentier pour la relier, le cycliste va se rendre au prochain village, image-t-il. Il ne faut pas qu’il soit en danger en se rendant aux commerces parce qu’il risque de se faire frapper.»

«C’est aux conseils municipaux, aux chambres de commerces et aux sociétés de développement économique de voir à ce genre d’infrastructures. Par exemple, on doit pouvoir compter sur des stationnements sécurisés et des bornes de réparation. Le mot va se passer. Il y a des hébergements qui sont certifiés Bienvenue Cycliste. On y offre des services spécifiques pour cette clientèle.»

Tronçon de Saint-Hyacinthe à Stanbridge Station

Enfin, M. Lavoie peut comprendre que la région de la Montérégie milite pour que le projet d’un nouveau tronçon reliant Saint-Hyacinthe à Stanbridge Station — un corridor cyclable de près de 70 km, attendu depuis trop longtemps – débloque au plus tôt.

Signez la pétition

Une telle piste cyclable doit être vue comme un outil de diversification économique, martèle-t-il encore.

«C’est un axe de développement économique qui apportera des retombées localement», complète le spécialiste.

On parle souvent du potentiel du vélo. Il serait peut-être temps de commencer à en récolter les retombées. Force est de constater que la «véloconomie» existe déjà. Reste maintenant à savoir si le Québec est en voie d’en faire un véritable levier de développement.


À lire aussi:

Soutenez Le Cycliste du dimanche via Buy me a coffee!