Le digne symbole des 30 ans du Parc régional de Beauharnois-Salaberry

Le digne symbole des 30 ans du Parc régional de Beauharnois-Salaberry

Chaque fois que je roule sur la passerelle qui enjambe l’autoroute 30, à la hauteur de Beauharnois, la même question me revient : pourquoi peut-on jouir d’une telle structure, nous  simples cyclistes?

Parce que ce pont cyclable, bien qu’assez impressionnant, n’est pas le plus achalandé au Québec. On ne s’attend pas à trouver une telle infrastructure pour les pédaleurs dans ce secteur.»

Linda Phaneuf, directrice générale de la MRC de Beauharnois-Salaberry.

Mais au fond, ce lien menant à Sainte-Martine est l’une des victoires marquantes de l’histoire du Parc régional de Beauharnois-Salaberry qui célèbre ses 30 ans en 2026. C’est même un symbole de la forte présence du vélo dans ce secteur de la Montérégie.

Lors du parachèvement de la 30, en partenariat public-privé en 2012, le contracteur engagé et le ministère des Transports se devaient de maintenir le lien, se souvient Linda Phaneuf, directrice générale de la MRC de Beauharnois-Salaberry.

«C’est parce que la piste cyclable vers Sainte-Martine existait que le pont a été construit», explique-t-elle.

«Sinon, le pont n’aurait pas été construit en même temps.» 

Canal de Beauharnois

Il y a 30 ans, Mme Phaneuf faisait partie des personnes engagées et visionnaires dont le travail a permis la création du Parc régional, un réseau comptant aujourd’hui 72 km de pistes cyclables pavées et variées.

La piste cyclable le long du canal de Beauharnois. / Tirée de Facebook

Ces voies longent les berges de l’impressionnant canal de Beauharnois (25 km au total) et traversent les terres agricoles de Saint-Étienne-de-Beauharnois et de Sainte-Martine.

Mme Phaneuf se souvient des premiers coups de pédales du projet «d’aménagement extensif des rives» dans les années 80. Lors de la création du canal de la voie maritime du Saint-Laurent, des chemins utilitaires avaient été construits le long des rives. L’idée de les rendre accessibles pour la communauté à des fins récréatives a grandi.

«Les chemins servaient aux employés d’Hydro-Québec qui se déplaçaient le long de l’eau pour se rendre à la centrale électrique», résume-t-elle.

«Une fois le projet réalisé, nous avons pu installer des aménagements comme des haltes. On a investi des millions $ en 30 ans.»

Les projets n’ont pas rencontré beaucoup d’opposition au fil des ans, sauf du côté agricole, lors de l’aménagement de la piste cyclable menant à Sainte-Martine.

«Des producteurs agricoles se disaient que les cyclistes allaient endommager leurs cultures.»

Avec les années, le réseau a pris de l’ampleur. Il a été intégré à la Route verte au début des années 2000, ce qui lui a donné un second souffle, poursuit Mme Phaneuf.

Un réseau à maturité

Valérie Binette, directrice du Parc régional de Beauharnois-Salaberry.

Après trois décennies, le Parc régional de Beauharnois-Salaberry a atteint une certaine maturité. On est maintenant à consolider cet équipement d’une grande valeur, résume Valérie Binette, sa directrice.

«Nous sommes chanceux d’avoir une piste cyclable de cette ampleur en site propre, déclare-t-elle. Et c’est entièrement asphalté. Ça surprend bien du monde quand on leur dit ça.»

«Nous ne prévoyons pas l’agrandir. Nous sommes à la mise à niveau de nos infrastructures. C’est ça le défi, de le faire perdurer dans le temps.»

Dans les projets, on a prévu, entre autres, des améliorations à des haltes et au mobilier urbain. On devra aussi entretenir le pavage des pistes cyclables. On recherche à améliorer le confort de roulement, précise la gestionnaire.

Pour une deuxième année, la navette de sécurité sera de retour au pont Saint-Louis. Les cyclistes voulant aller d’une rive à l’autre peuvent être suivis par un véhicule lors de la traversée.

La piste cyclable à Sainte-Martine. / Le Cycliste du dimanche

Mme Binette est consciente que la portion allant du parc Riverain à la centrale électrique de Beauharnois, via la route 132, mériterait d’être améliorée. L’idée de modifier ce tronçon a déjà été soulevée, mais le dossier pourrait être relancé, avoue-t-elle.  

Et quand on traverse aujourd’hui cette impressionnante passerelle au-dessus de l’autoroute 30, difficile de ne pas y voir plus qu’un simple lien cyclable. On y voit surtout le résultat de décennies de travail, de vision… et la preuve qu’au fil du temps, le vélo a fini par se tailler une place bien réelle dans le paysage de Beauharnois-Salaberry.

Bon 30e anniversaire!


Ce texte parle des pistes cyclables des régions:

Montérégie

Soutenez Le Cycliste du dimanche via Buy me a coffee!