La Véloroute des tunnels?

La Véloroute des tunnels?

Devra-t-on commencer à parler de la Véloroute des tunnels?

C’est possiblement le surnom qu’on devra donner à la Véloroute de Dorchester, qui doit faire le lien entre Bellechasse et la Beauce.

À Sainte-Hénédine, où la piste cyclable arrête, il est proposé de construire un tunnel pour faire circuler les cyclistes.

Devant le conseil municipal, les propriétaires de la Ferme Lapointe ont soumis l’idée de faire rouler les gens sous terre afin d’assurer plus de sécurité aux usagers.

Leur sortie publique fait un peu sourire quand on sait que la Véloroute de Dorchester a déjà un premier tunnel, pour faire circuler les vaches celui-là. Un boviduc a été aménagé à la hauteur de la Ferme Laverdière. À Sainte-Hénédine, on le décrit comme «un beau partage de l’espace entre animaux et cyclistes».

La Véloroute de Dorchester s’arrête à Sainte-Hénédine. / Archives

Les gens de la Ferme Lapointe sont ouverts à laisser passer les cyclistes, mais il y a une part de risque, en raison des nombreux passages de machineries quotidiennement.

«Afin de garantir la sécurité de tous, ils se sont présentés à la séance du conseil des maires du 21 avril dernier avec une idée: un tunnel», rapporte l’hebdomadaire Beauce Média.

Récemment, souvenez-vous, j’ai écrit que la Véloroute de Dorchester ne sera pas complétée cette année.

Marie-Josée Larose, directrice du Service d’aménagement et développement du territoire à la MRC de la Nouvelle-Beauce, mentionne que la piste cyclable dans le secteur de la Ferme Lapointe n’est pas encore complétée puisque ce secteur est à proximité du pont de la rivière Le Bras. Un pont doit y être reconstruit pour permettre le passage des cyclistes.

«Tout ce secteur sera construit au même moment», complète-t-elle.

«Une entente est sur le point d’être signée avec le MTQ, ce qui permettrait la réalisation de travaux en 2027.»

Concernant l’idée du tunnel, des discussions ont lieu avec les propriétaires de la Ferme Lapointe et différents scénarios sont évalués, ajoute-t-elle dans un courriel.

«Le scénario d’un tunnel fait partie de l’un d’eux. Tous ont un même objectif, assurer la sécurité des cyclistes ainsi que permettre à l’entreprise de poursuivre ses opérations. Pour le coût d’une telle infrastructure, difficile de se prononcer pour l’instant, car nous n’avons pas en main des plans précis d’ingénierie», résume Mme Larose.  

«Une rencontre aura lieu dans les prochaines semaines entre les propriétaires de la ferme, la MRC et le ministère des Transports pour discuter de ce secteur. »

Circuler sous les obstacles

Évidemment, l’idée peut sembler simple sur papier, mais un tunnel sous une zone agricole soulève des enjeux importants de coûts et de faisabilité. Les coûts seront à considérer. 

On ne parle probablement pas d’un simple aménagement de quelques mètres de long.

Des infrastructures permettant aux cyclistes d’éviter du trafic à risque existent ailleurs sur le réseau cyclable québécois. Par exemple, en arrivant près du Mont-Tremblant en roulant sur le P’Tit train du Nord, on est bien content de constater qu’un tunnel a été aménagé sous la Montée Ryan, tellement le trafic est rapide et constant.  

On en trouve aussi plusieurs dans les régions de Granby et de Québec notamment.

En passant, beaucoup de croisements de pistes cyclables avec des routes passantes au Québec mériteraient de faire circuler les adeptes sous les chaussées, afin d’éviter les accidents.

Au fond, si la Véloroute de Dorchester devenait vraiment une «Véloroute des tunnels», derrière l’image un peu cocasse, il y a une réalité bien concrète : celle d’un réseau cyclable qui, pour se rendre d’un point A à un point B, devra peut-être circuler… sous les obstacles plutôt qu’à travers eux.


Ce texte parle des pistes cyclables des régions:

Chaudière-Appalaches

Capitale-Nationale

Estrie

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