Saint-Hyacinthe–Stanbridge Station: que disent les candidats sur le projet de piste cyclable?

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Saint-Hyacinthe–Stanbridge Station: que disent les candidats sur le projet de piste cyclable?

Est-ce que le projet de la piste cyclable entre Saint-Hyacinthe et Stanbridge Station, en passant par Farnham, est oublié dans la présente campagne électorale?

Dans les derniers mois, le dossier avait pourtant pris une tournure politique.

La députée sortante, Chantal Soucy, s’était vigoureusement défendue, au cours des derniers mois, de se traîner les pieds dans l’avancement des démarches gouvernementales. Les accusations provenaient du conseil municipal.

Ce projet de corridor cyclable de près de 70 kilomètres est attendu depuis très longtemps et pourrait désenclaver la région Maskoutaine éloignée des grands axes cyclables de la province.

Signez la pétition!

J’ai donc entrepris de contacter les candidats des principaux partis politiques engagés dans la course électorale québécoise du 5 octobre prochain.

  • Simon-Pierre Savard-Tremblay (Parti Québécois) – Ancien député fédéral bloquiste.
  • Jessika Gardner (Coalition Avenir Québec) – Candidate désignée pour succéder à la députée sortante Chantal Soucy.
  • Mariliz Turla-Vadnais (Parti libéral du Québec).
  • Philippe Daigneault (Québec solidaire).
  • Alexandre Dion Rolland (Parti conservateur du Québec).

J’ai soumis aux cinq candidats les questions suivantes :

Êtes-vous favorable à la réalisation du projet de piste cyclable reliant Saint-Hyacinthe à Farnham et, ultimement, à Stanbridge Station?

Si vous êtes élu(e) député(e) de Saint-Hyacinthe le 5 octobre prochain…

Vous engagez-vous à appuyer publiquement ce projet auprès du gouvernement du Québec?

Êtes-vous prêt(e) à intervenir auprès du ministère des Transports et de la Mobilité durable afin de faire avancer le dossier?

Selon vous, le gouvernement du Québec devrait-il contribuer financièrement à la réalisation de cette piste cyclable interrégionale?

«Simplement oui»

Philippe Daigneault, candidat de Québec solidaire dans la circonscription, a été le plus prompt à répondre.

Il dit «simplement oui» à toutes mes questions.

«Je suis ce projet avec enthousiasme depuis qu’il a été évoqué», affirme-t-il.

«Je vais toujours défendre des projets qui promeuvent la mobilité durable/active ou les sports et l’activité physique. Vous pourrez donc compter sur moi pour que ce projet voit le jour (et le plus rapidement possible) si je suis élu le 5 octobre prochain.»

Savard-Tremblay maintient son appui

L’équipe de M. Savard-Tremblay assure que l’ancien député bloquiste n’a pas changé d’idée; il appuyait le projet et le soutient toujours. Avec sa collègue Andréanne Larouche, députée de Shefford, il avait fait pression pour accélérer les processus gouvernementaux. Les deux élus fédéraux avaient même brandi ma pétition à ce sujet pour illustrer la ferveur populaire envers cette réalisation.

S’il est élu, il appuiera publiquement ce projet auprès du gouvernement du Québec. «Ce projet est demandé autant par la population que les municipalités et les MRC. Je l’ai fait à Ottawa et je continuerai assurément de le faire à Québec», répond-il.

«Je suis déjà intervenu auprès du ministère des Transports fédéral, ainsi qu’à l’Office des transports du Canada au cours de mon mandat de député à Ottawa, et je suis prêt à intervenir auprès du ministère québécois.»  

Pour Simon-Pierre Savard-Tremblay, le gouvernement du Québec devrait contribuer financièrement à la réalisation de cette piste cyclable interrégionale.

«Je suis favorable à ce que Québec contribue à la conversion de l’emprise une fois que les étapes actuellement en cours seront terminées», affirme-t-il.

« Il faudra alors évaluer la contribution appropriée du gouvernement en fonction des coûts réels, des programmes de financement disponibles et du montage financier proposé par les trois MRC. »

Continuité du travail réalisé par Chantal Soucy

Candidate caquiste, Jessika Gardner entend prendre le dossier en charge dans la continuité du travail déjà réalisé par Chantal Soucy. Elle veut prendre connaissance de l’ensemble des démarches effectuées et en échangeant avec la députée sortante dans le cadre de la passation des pouvoirs.

Mme Gardner souhaite également rencontrer la MRC des Maskoutains, qui porte le projet, afin d’en discuter directement, de bien comprendre les attentes du milieu et de faire le point sur les prochaines étapes à franchir.

Consciente de l’importance de ce projet pour plusieurs citoyens et de son potentiel pour contribuer au développement de l’offre cyclable régionale, elle fait également remarquer que sa réalisation demeure tributaire de plusieurs étapes, notamment de l’acquisition du tronçon par le gouvernement du Québec et de l’analyse indépendante de la valeur nette de récupération actuellement menée par l’Office des transports du Canada (OTC).

Comme l’a rappelé la députée Chantal Soucy en juin dernier, le dossier suit actuellement le processus prévu par la Loi sur les transports du Canada. Le Conseil des ministres a adopté, le 20 mai 2026, le décret permettant à l’OTC de procéder à l’évaluation de la valeur nette de récupération des embranchements ferroviaires concernés. Selon les délais observés pour des demandes similaires, une réponse pourrait être attendue au cours de l’hiver 2027, mentionne Mme Gadner.

Les deux autres candidats sollicités dans le cadre de ce questionnaire, Mariliz Turla-Vadnais (Parti libéral du Québec) et Alexandre Dion Rolland (Parti conservateur du Québec), n’ont pas fourni de réponse.

«Lui rendre hommage»

Toutefois, Mme Turla-Vadnais a diffusé une vidéo dans laquelle elle prend un engagement envers le projet.  

Elle dit être en faveur du projet pour attirer davantage de touristes dans la région.

«Cette ancienne voie ferrée fait partie de notre histoire. Aujourd’hui je veux lui rendre hommage en lui donnant une nouvelle vocation, une piste cyclable sécuritaire et rassembleuse et accessible», lance-t-elle.

Saisir l’occasion

Récemment, en vue des élections provinciales, la MRC des Maskoutains a présenté ses priorités. Ce projet de piste cyclable fait partie des revendications adressées au prochain gouvernement. La MRC souhaite que Québec soit prêt à saisir l’occasion de faire de ce corridor une piste cyclable interrégionale de 69 km reliant trois MRC. Quelque 25 km se trouvent dans Les Maskoutains, contre 19 km dans Rouville et 25 km dans Brome-Missisquoi.

Selon un texte paru dans le journal régional Le Courrier de Saint-Hyacinthe, la MRC des Maskoutains demande au gouvernement de se tenir prêt à agir dès que la valeur du tronçon ciblé sera connue, possiblement cet automne 2026 ou à l’hiver 2027. Québec disposera alors de 30 jours pour confirmer l’acquisition de l’emprise ferroviaire, souligne-t-on.

Le prochain gouvernement

Le projet de piste cyclable entre Saint-Hyacinthe et Stanbridge Station n’est donc pas disparu de la carte politique.

Les réponses obtenues des candidats montrent toutefois que les engagements ne sont pas tous formulés de la même façon. Certains se disent clairement favorables au projet et prêts à intervenir auprès du gouvernement, alors que d’autres candidats sollicités n’ont pas répondu au questionnaire.

Entre-temps, le dossier poursuit son cheminement administratif. Les trois MRC concernées souhaitent que le gouvernement du Québec soit prêt à agir lorsque les étapes actuellement en cours seront complétées.

Pour les promoteurs du projet et les nombreux citoyens qui le réclament, le prochain gouvernement aura donc un rôle important à jouer dans la suite du dossier. Une chose est certaine : après plusieurs années de démarches, le projet Saint-Hyacinthe–Farnham–Stanbridge Station n’a pas fini de faire parler de lui.

Claude Plante, le Cycliste du dimanche parcourt les pistes cyclables du Québec depuis 30 ans. Il partage ici ses découvertes, ses coups de cœur et l’actualité du vélo. En savoir plus

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