On a beaucoup d’idées de grandeur dans la région de Québec. Après le troisième lien et le tramway, certains rêvent maintenant à un réseau de pistes cyclables souterrain.

Il ne s’agit pas d’un projet municipal ou gouvernemental, mais d’une vision citoyenne qui imagine ce que pourrait devenir la mobilité cyclable dans le futur.
Les promoteurs imaginent la réalisation du réseau grâce à une technologie de forage comme celle développée par The Boring Company, une entreprise fondée par Elon Musk.
11 milliards $
Au coût estimé d’environ 11 milliards $, ce réseau de pistes cyclables serait sécuritaire, fluide et accessible à toute heure du jour ou de la nuit. Il serait surtout à l’abri du climat québécois.
Ses promoteurs, qui proposent de repenser en profondeur la mobilité urbaine, prétendent qu’il deviendrait le premier réseau du genre au monde.

Ce réseau de tunnels serait bien plus qu’une simple toile de pistes cyclables. Il pourrait servir à la livraison de colis par petits drones automatisés sur roues, au transport d’électricité sous terre ou encore au passage de câbles de fibres optiques pour les télécommunications, ajoute-t-on.
L’idée (« la première étincelle ») est née en mai dernier, mais elle est déjà soutenue par un site web largement documenté comptant plusieurs sections explicatives.
Au chapitre des coûts, on convient que le projet est dispendieux. Le Tunnel Vélo de 150 kilomètres commanderait des investissements de 11 milliards de dollars, soit environ 74 millions de dollars par kilomètre.
À titre de comparaison, le tramway de Québec (7 milliards de dollars pour 19 kilomètres) ne fait pas le poids, avec un coût estimé à 394 millions de dollars par kilomètre.
Les avantages
Les promoteurs énumèrent plusieurs avantages : rapide, fiable et toujours ouvert. Un réseau presque aussi rapide qu’une voiture, sans plusieurs des éléments qui peuvent provoquer des interruptions dans les autres réseaux de transport.
- Rapide — aucun arrêt, aucun vent, un trajet en ligne droite et une assistance électrique permettant d’atteindre une vitesse comparable à celle d’une voiture.
- Fiable — une technologie simple, alimentée par Hydro-Québec, avec une génératrice au gaz en cas de panne.
- Aucune grève possible (aucun chauffeur).
- Ouvert sept jours sur sept, 24 heures sur 24.
- Aucun permis requis.
- Fonctionnel même en cas de mauvais temps (tornade ou verglas).
Pour le tourisme, ce premier réseau tunnelier de vélo au monde serait une véritable vitrine internationale et pourrait attirer des cyclistes du monde entier, estiment les promoteurs.
Comme à Dubaï
Cette vision peut faire penser à une autre idée encore plus spectaculaire avancée aux Émirats arabes unis, dont je faisais état il y a quelques mois. À Dubaï, on projette la réalisation d’une piste cyclable intérieure longue de 93 kilomètres.
Ce projet extravagant, baptisé The Loop, ferait circuler les cyclistes et les piétons dans un long tube climatisé. Rien de moins.
Là-bas, l’objectif serait de se protéger de la chaleur. À Québec, il s’agirait plutôt de se protéger du froid.
De plus, le magazine spécialisé Momentum a consacré un long article sur le projet de Québec.
Un atout touristique?
Le projet Vélo Tunnel Québec pourrait-il voir le jour? C’est possible, mais la facture fera certainement frémir plusieurs personnes.
Les besoins en transport feront encore longtemps partie de l’actualité.
La grande région de la Capitale nationale est déjà bien équipée en pistes cyclables récréatives. Un tel réseau souterrain pourrait-il devenir un atout touristique majeur? En hiver, les conditions météorologiques de la ville de Québec sont particulièrement hostiles au vélo.
Mais avec des pistes cyclables sous terre, verrait-on des touristes se rendre aux activités du Carnaval de Québec sur deux roues?
C’est permis de rêver.
Convenons que, pour le cycliste récréatif, l’idée peut sembler étrange : après tout, le plaisir du vélo passe souvent par les paysages, les rivières, les forêts et les villages traversés.
Mais pour les déplacements quotidiens, l’hiver demeure l’un des principaux obstacles à l’utilisation du vélo au Québec.

