Retour des vélos à bord des trains: VIA rail s’attire des critiques

Retour des vélos à bord des trains: VIA rail s’attire des critiques

La société ferroviaire VIA Rail essuie des critiques depuis son annonce du retour des vélos dans quelques-uns de ses convois.

Trop peu, trop tard, trop cher!

La première salve est venue du commentateur et chroniqueur politique Guillaume Lavoie.

L’homme de média assure se faire violence en critiquant ainsi une entreprise qu’il admire.

Mais pour lui, VIA rail a manqué le train dans ce dossier.

Guillaume Lavoie / Archives

Le transporteur a voulu se donner bonne conscience en autorisant les vélos sur certains trajets. Guillaume Lavoie considère qu’il s’agit d’une forme de « vélo-washing ».

L’expression colle à une organisation qui fait une annonce qui camoufle une réalité tout autre.

«Si l’annonce faite cette semaine est bien ce qui est (et sera), on est dans une nouvelle forme d’hypocrisie», écrit-il.

Les vélos avaient été interdits dans les wagons lors de la pandémie. Pourquoi, a-t-on attendu tout ce temps?

Qui plus est, VIA Rail a ciblé certains trains spécifiques, entre Ottawa et Québec. Et que quatre vélos au maximum par train.

«Pourquoi pas vers Toronto? La péninsule ontarienne?», ajoute-t-il.
Il s’en prend aussi au prix exigé par passager pour son vélo : 50 $ de plus pour l’aller-retour.

Pour une famille avec quatre vélos, le total atteint 200 $ de plus pour l’aller-retour.

«Chère Via Rail, de tous les choix budgétaires, le total des 25$ pour les vélos, ça pèse combien de microns de pourcentages dans le budget annuel ?», renchérit-il.

«Est-ce vraiment une tarification, un choix, en cohérence avec les valeurs promues ?»

Rappelons que VIA Rail soutient que ce retour progressif permettra d’évaluer la demande avant un éventuel élargissement du service.

De plus, les deux destinations offrent un bon réseau de pistes cyclables.

Youri Chassin

Le député indépendant Youri Chassin a renchéri sur ses réseaux sociaux, relayant la publication de Guillaume Lavoie.

Youri Chassin / Facebook

«VIA Rail prend une direction mal avisée», tranche l’élu de Saint-Jérôme.

«Si on ne veut pas de vélo à bord, qu’on le dise. À tout le moins, qu’on ne présente pas ces contraintes comme une politique accueillante!»

À l’autre bout de la province, à Rimouski, on réclame un accès plus étendu aux vélos dans les trains de Via Rail. L’Association Rimouski Ville Cyclable (ARVC), un organisme dédié à la promotion de la mobilité active, on parle même d’une «fausse bonne nouvelle pour le cyclotourisme».

«Pour une région comme la nôtre, l’accès au train avec un vélo est crucial pour le tourisme durable et les déplacements. Malheureusement, la récente annonce de VIA Rail sur le retour des vélos à bord cache des conditions tellement restrictives qu’elles virent au vélo-washing», s’insurge-t-on.

L’ARVC dit partager la «déception» de Guillaume Lavoie.

Voyager à vélo

Pour le fondateur de Voyager à vélo et du Saint-Laurent à vélo, Mario Belley, Le retrait des vélos à bord des trains du transporteur, il y a cinq ans, a été un coup dur cyclotourisme.

Mario Belley / Archives

 «Je vis les contrecoups directs de ces décisions. Parce que le cœur du voyage à vélo, c’est l’intermodalité. Le train permettait des parcours linéaires extraordinaires : on part en train, on revient à coup de pédales (ou l’inverse), sans devoir rebrousser chemin», explique-t-il.

«À quatre vélos par train, on passe complètement à côté de la plaque. Ce n’est pas comme ça qu’on fait avancer le tourisme durable, et encore moins l’économie de nos régions. On aime VIA Rail, mais on a besoin qu’elle soit un vrai partenaire, pas juste une vitrine marketing. À quand un vrai plan de match?»

Et le TGV!

Pour ajouter à l’incrédulité, on a vu la société Alto, à l’occasion de la Journée mondiale de la bicyclette, partager sa vision de la mobilité durable. Le gestionnaire futur TGV «s’engage à intégrer les vélos à bord des trains, à sécuriser les stationnements en gare et à collaborer avec les villes pour des accès sûrs…»

La sortie en a fait sourciller plusieurs…

Pour plusieurs intervenants du milieu cycliste, le retour des vélos dans certains trains constitue certes un pas dans la bonne direction. Mais avec seulement quatre places par convoi et un tarif supplémentaire de 25 $ par trajet, ils estiment que VIA Rail est encore loin de répondre aux besoins réels des cyclotouristes.


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