Dans Charlevoix, les promoteurs du Sentier de la Rive souhaitent profiter de l’arrivée d’un nouveau gouvernement pour relancer leur projet de piste multifonctionnelle le long du fleuve Saint-Laurent.
Le Groupe Sentier de la Rive de Charlevoix (GSRC) se dit « plus déterminé que jamais à poursuivre le développement d’un sentier multifonctionnel sur le littoral charlevoisien ».

Dans un communiqué, l’organisme estime que son projet rejoint plusieurs orientations exprimées dans la plateforme électorale du Parti québécois, notamment celles visant à encourager l’activité physique, à faciliter l’accès aux berges et aux milieux naturels et à améliorer l’accès public au fleuve Saint-Laurent en partenariat avec les municipalités.
« Le changement de vocation de la voie ferrée pour en faire un sentier multifonctionnel, une infrastructure de mobilité active de calibre mondial ouverte l’année durant, s’inscrit tout naturellement dans le développement économique de la région », affirme le groupe.
Le projet prévoit l’aménagement d’un parcours d’environ 65 kilomètres entre Petite-Rivière-Saint-François et La Malbaie sur l’emprise du chemin de fer de Charlevoix. Il permettrait aux cyclistes, aux marcheurs, aux coureurs et aux adeptes d’activités hivernales de profiter du littoral charlevoisien.
Un accès au fleuve pour tous
Pour Claude Belley, président du GSRC, le projet représente bien davantage qu’une infrastructure récréative.
Une fois réalisé, le sentier rendrait « le fleuve accessible à toute la population sans distinction : les familles, élèves et étudiants de Charlevoix, les cyclistes, marcheurs, joggers, skieurs de fond, jeunes et vieux d’ici et d’ailleurs seront mis en contact intime avec ce fleuve sur lequel nos ancêtres ont bâti le Québec », écrit-il dans le communiqué.
M. Belley invoque également les bénéfices de l’activité physique pour la santé publique. S’appuyant sur des données de l’Organisation mondiale de la santé et de l’Observatoire du vélo, le groupe soutient que la pratique du vélo permettrait d’éviter des décès et de réduire les dépenses en santé.
« Autrement dit, le Sentier de la Rive nous éloignera de la maladie, et nous rapprochera du bien-être. Les adeptes du plein air et de la mobilité active le savent déjà », soutient M. Belley.
La sortie de l’organisme sans but lucratif a été saluée par l’athlète Pierre Lavoie sur les réseaux sociaux.
Une décision attendue sur l’avenir du rail
Le projet est discuté depuis plusieurs années dans la région. Durant la campagne électorale provinciale, la possibilité d’aménager une piste multifonctionnelle entre les chutes Montmorency et La Malbaie a notamment été soulevée dans le cadre d’un débat politique. L’avenir du train touristique et le soutien financier qui lui est accordé par les pouvoirs publics figuraient aussi parmi les enjeux abordés.

Dans la circonscription de Charlevoix–Côte-de-Beaupré, Caroline Simard, du Parti conservateur du Québec, a remporté l’élection provinciale du 5 octobre.
Avant le scrutin, elle avait qualifié le projet de Sentier de la Rive de très intéressant, tout en refusant de se prononcer clairement en sa faveur. Dans une entrevue publiée le 11 septembre par Le Charlevoisien, elle avait indiqué vouloir attendre les résultats d’une étude sur le potentiel du transport ferroviaire de marchandises avant de prendre position sur l’avenir de la voie ferrée.
Elle reconnaissait néanmoins que le sentier pourrait attirer des visiteurs et redonner à la population un accès au fleuve.
La question demeure donc entière : le gouvernement choisira-t-il de soutenir le maintien et le développement de l’infrastructure ferroviaire ou permettra-t-il d’envisager un changement de vocation au profit du sentier multifonctionnel? Les deux usages ne peuvent pas simplement être considérés comme compatibles sur le même tablier ferroviaire, selon les positions exprimées jusqu’ici dans le débat.
Un appui populaire mis de l’avant
Le GSRC s’appuie également sur une consultation numérique menée au printemps dernier pour faire valoir l’appui de la population. Selon les résultats rapportés par l’organisme, 90 % des répondants se disaient « très fortement » ou « fortement » en accord avec le projet de piste multifonctionnelle le long du fleuve.
Ce résultat témoigne d’un appui important parmi les personnes ayant participé à la consultation. Il ne constitue toutefois pas, à lui seul, une mesure représentative de l’opinion de l’ensemble de la population de Charlevoix.

Pour Claude Belley, les retombées économiques potentielles doivent également peser dans la balance.
« Des données produites par des firmes comptables et des groupes de recherche sérieux montrent que des pistes semblables à celle que nous développons créent des emplois, sont rentables et rapportent gros, très gros, dans les régions où on les retrouve », déclare-t-il.
Le président estime que Charlevoix dispose d’un tracé exceptionnel et que la région gagnerait à le mettre en valeur grâce à une infrastructure accessible toute l’année.
« Charlevoix n’a pas de meilleur choix que de développer ce sentier alors que la région dispose déjà d’un tracé unique au monde. Et nous savons que la population le souhaite ardemment. S’il y a un projet dont l’acceptabilité sociale ne pose pas problème, c’est bien celui-là! » conclut-il.
Le GSRC entend poursuivre ses démarches auprès des représentants du gouvernement. La suite du dossier dépendra notamment des décisions qui seront prises concernant l’avenir du corridor ferroviaire et du transport de marchandises.
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