Si vous roulez sur une piste cyclable de la Route verte, il y a de fortes chances qu’elle fasse partie du réseau du Sentier transcanadien.
Au Québec, il emprunte en grande partie les infrastructures existantes de la Route verte pour tracer son propre itinéraire pancanadien.

Mais l’organisme semble craindre pour son financement accordé par le fédéral. Une somme de 11 millions par année semble être en jeu.
Il y a quatre ans, le 20 octobre 2022, Steven Guilbeault, alors ministre responsable de Parcs Canada, annonçait un investissement de 55 millions de dollars sur cinq ans pour l’entretien, l’amélioration et l’expansion du Sentier Transcanadien.
Ce financement devait permettre d’améliorer l’expérience des utilisateurs du réseau long de 28 000 kilomètres, en soutenant son renouvellement, sa croissance et sa durabilité à long terme.
Récemment, l’organisme a fait une sortie publique, multipliant les raisons de reconduire ce financement à son échéance toute proche.
On a estimé la perte annuelle entre un réseau de sentiers bénéficiant d’un soutien complet et un réseau dans lequel l’organisation de Sentier Transcanadien cesserait d’exister :

- 78 millions de visites en moins par an
- 11 000 km de sentiers risquant de devenir impraticables
- 630 millions de dollars de passif lié à l’entretien différé
- 72 millions de dollars en coût sociétal lié aux décès prématurés
- 2 milliards de dollars de pertes de recettes touristiques
- 1,14 milliard de dollars en pertes d’avantages pour les utilisateurs
« Le Sentier nous rappelle ce que des investissements soutenus et partagés peuvent permettre d’accomplir partout au pays», déclare Mathieu Roy, chef de la direction de Sentier Transcanadien.
Diminution de la fréquentation
Au chapitre du «tourisme» et des «économies locales», les pertes estimées par l’organisme se chiffreraient à 2 milliards de dollars par an d’ici 2045 en raison de la baisse de la qualité des sentiers et de la diminution de la fréquentation.
La baisse des dépenses touristiques affecterait «de manière disproportionnée les petites villes et les régions rurales», affirme la direction du Sentier transcanadien.
«On estime que 97 % de cette perte provient des visiteurs extérieurs : les personnes venant de l’extérieur de la collectivité locale pour visiter le Sentier. Ces dépenses représentent des injections d’activité économique dans les régions traversées par le Sentier à travers le pays.»
On se base sur une estimation d’environ 178 $ par personne par année, soit 25 $ par visite sur le Sentier, poursuit-on.
«D’après notre analyse de sensibilité, ce chiffre varie entre 1,9 et 2,1 milliards de dollars, en fonction de l’ampleur de la baisse de fréquentation à mesure que le Sentier se dégrade», lit-on dans le rapport.
«La baisse des dépenses de construction et d’entretien qui en découle met en péril environ 1000 emplois par an, des emplois qui se concentrent dans les petites régions urbaines et les régions rurales à travers le Canada.»
15 $ par visite
À l’aide d’un modèle de coûts de déplacement, on calcule que l’utilisateur canadien du Sentier évalue son accès à 103 $ par personne par année, soit 15 $ par visite.
«Le Sentier n’est pas un luxe. C’est une ressource accessible qui apporte de la valeur aux Canadiens de tous horizons et de tous niveaux de revenus», renchérit l’organisme.

«Lorsque le Sentier se dégrade et devient impraticable, cette valeur disparaît et affecte de manière disproportionnée les Canadiens à mobilité réduite et ceux vivant dans des collectivités où le Sentier peut être l’une des rares installations de loisirs disponibles.»
Le Sentier transcanadien constitue bien plus qu’un itinéraire reliant différentes régions du pays. Il contribue à rendre les activités de plein air accessibles, à attirer des visiteurs et à soutenir l’économie des collectivités traversées.
Au Québec, où plusieurs tronçons du réseau empruntent les infrastructures de la Route verte, son avenir concerne aussi les amateurs de pistes cyclables et de cyclotourisme.
Reste à voir si le gouvernement fédéral répondra à l’appel de l’organisme et renouvellera son soutien financier. Car entretenir un réseau de cette ampleur exige des investissements constants, mais les retombées potentielles dépassent largement les seuls kilomètres de sentiers, rappelle l’organisation pancanadienne.


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