Il a suffi d’un débat électoral pour raviver l’idée d’une piste cyclable qui relierait les chutes Montmorency à La Malbaie, dans Charlevoix.
C’est un projet qui mijote dans la tête de bien des gens de cette région depuis de nombreuses années. Cette fois, l’idée semble aussi avoir fait son chemin auprès des jeunes.

À la sortie du débat tenu à La Malbaie ces derniers jours, des cégépiens ont voulu discuter des enjeux avec des candidats. La discussion a vite tourné vers l’avenir du rail et l’idée de le remplacer par une piste multifonctionnelle sur le bord du Saint-Laurent, rapporte un article de La Presse.
La région, bien connue pour ses paysages, n’est pas bien pourvue en pistes cyclables dignes de ce nom. Les cyclistes doivent rouler sur des routes achalandées, ont dit en substance des étudiants demeurés sur place de longues minutes après le débat.
Train ou vélo?
La question soulevée : faut-il continuer de soutenir le train touristique qui relie les chutes Montmorency à La Malbaie, en passant notamment par Petite-Rivière-Saint-François et Baie-Saint-Paul ?
Ou : doit-on miser sur une piste multifonctionnelle de 65 kilomètres sur le bord du fleuve ? La réalisation d’un tel projet aurait une portée internationale.

Le fameux train touristique semble bien sur les rails, après avoir connu des difficultés ces dernières années. Il circule sur un chemin de fer appartenant depuis 2009 au Groupe Le Massif.
Fin 2024, celui-ci avait pourtant annoncé son arrêt, faute d’aide financière des municipalités et des MRC de Charlevoix. Sa locomotive a pu redémarrer l’année suivante après une restructuration et la réduction du nombre de départs quotidiens.
Mais s’il venait à s’arrêter en gare de nouveau, plusieurs sont prêts à le remplacer par une piste cyclable aménagée sur son emprise ferroviaire. Au Québec, bon nombre d’autres corridors multifonctionnels ont été aménagés sur une ancienne voie ferrée.
Ce projet viserait à redonner l’accès au fleuve aussi bien à des gens de la Côte-de-Beaupré que de Charlevoix, a soutenu à La Presse l’ancien député Camil Bouchard, qui fait partie du Groupe Sentier de la Rive de Charlevoix.
Une bonne saison 2026
Sauf que le train touristique n’est pas près de disparaître, assure son exploitant. Même que la saison 2026 a été bonne. L’arrêt des activités du train touristique n’est pas envisagé.
Pour un aller-retour entre Québec et La Malbaie, les billets se vendent 319 $, taxes incluses, note La Presse.
Un premier projet de piste multifonctionnelle avait prévu faire cohabiter les usagers avec le train. Il a été abandonné, fait-on remarquer.
Transport de marchandises

Autre point qui pourrait refroidir les promoteurs de la piste cyclable: la MRC de Charlevoix-Est annonce avoir obtenu des «résultats très positifs concernant la réhabilitation du chemin de fer reliant Clermont à Québec pour le transport de marchandises.
Les premiers constats des rapports d’analyse des ponts et structures, du rail, des passages à niveau et des falaises sont «prometteurs», soutient la MRC.
«La réhabilitation du chemin de fer pour le service de transport de marchandises nécessiterait des investissements qui n’ont rien à voir avec ce qui a été lancé dans l’espace public dernièrement.»
Dans l’article de La Presse, le maire de La Malbaie, Michel Couturier, dit souhaiter une relance du transport de marchandises sur les rails dans Charlevoix.
Les partisans de la piste multifonctionnelle disent douter de la viabilité du transport de marchandises et même du train touristique, compte tenu des sommes à investir par les gouvernements.
Ce discours suit celui d’une lettre d’opinion parue dans Le Charlevoisien et intitulée Un chemin de fer à sauver. Selon son auteur, Bertrand Dion, on doit être certain à 100 % que la voie ferrée n’a aucun avenir avant de la transformer en piste cyclable.
M. Dion est d’avis que le train de passager et de marchandises offrira des retombées intéressantes pour la région s’il est bien administré et soutenu.
«Travailler à détruire notre actif ferroviaire au lieu de tenter de le revitaliser me suggère des images qui s’apparentent plus à imposer l’aide médicale à mourir à un patient encore capable de bien vivre», écrit-il.
Un «très vif intérêt»
Pendant ce temps, le Groupe Sentier de la Rive de Charlevoix, en faveur du projet d’une piste cyclable, s’active. Il s’appuie sur les résultats d’une consultation tenue sur des plates-formes numériques concernant l’aménagement d’un sentier multifonctionnel (vélo, course, marche, ski de fond) sur le littoral charlevoisien.
Plus de 90 % des participants (1542 répondants) manifestent leur «très vif intérêt» pour le projet. Les données et les commentaires recueillis durant ces trois semaines de consultation démontrent que le projet répond à un enjeu d’équité, de santé, de mobilité durable et de développement économique viable, affirme-t-on.
L’avenir de ce corridor?
Le débat est donc loin d’être terminé.
D’un côté, certains souhaitent préserver et développer le potentiel ferroviaire du corridor. De l’autre, des citoyens et des promoteurs voient dans cette emprise une occasion unique de créer un lien cyclable et multifonctionnel entre la Côte-de-Beaupré et Charlevoix.
Et maintenant, des jeunes de la région commencent eux aussi à s’intéresser à l’avenir de ce corridor.
Une chose est certaine : avec le fleuve d’un côté, les montagnes de l’autre et les paysages de Charlevoix tout autour, il est difficile de ne pas imaginer ce que pourrait représenter une piste multifonctionnelle à cet endroit.
Reste maintenant à savoir quelle vocation les décideurs voudront donner à ce corridor exceptionnel.
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