Vélos électriques : une popularité qui s’accompagne de risques d’incendie

Vélos électriques : une popularité qui s’accompagne de risques d’incendie

Plus les vélos électriques gagnent en popularité, plus la fréquence des incendies liés à leurs batteries semblent augmenter.

Le nombre de vélos à assistance électrique (VAE) ne cesse de grandir sur nos pistes cyclables. En parallèle, celui d’incendies causés par des batteries électriques de vélo se multiplie aussi si on tient compte des récentes nouvelles.

On devra porter une attention particulière à ce genre de problématique.

Deux décès

Il y a quelques jours, un incendie survenu au centre-ville d’Ottawa a coûté la vie à deux personnes.

Selon le Service des incendies d’Ottawa un vélo électrique contenant des piles ion-lithium constitue l’un des éléments de l’enquête.

En février, un incendie avait ravagé deux maisons du quartier Richmond d’Ottawa.

Les pompiers d’Ottawa avaient par la suite demandé au public de ne pas surcharger leur batterie de vélo. Ils avaient précisé qu’elles brûlent très vite, deviennent très chaudes et peuvent émettent une fumée, peut-on lire dans un reportage de Radio-Canada.

Pour leur part, les pompiers du Service de protection contre l’incendie de la Ville de Québec (SPCIQ) avaient identifié le chargement d’une batterie de vélo électrique comme cause d’un incendie ayant endommagé une demeure du secteur de Charlesbourg, en novembre dernier.

L’enquête du Commissariat aux incendies a permis de conclure que le chargement d’une batterie d’un vélo pourrait être à l’origine du brasier.

Une recherche sur Google avec les mots clés «vélo électrique et incendie» permet de répertorier plusieurs sinistres allumés par des batteries de VAE au cours des dernières années. On remarque évidemment que ces événements baissent en fréquence l’hiver, puisque les usagers utilisent moins les vélos électriques durant la saison froide.

Dans un autre texte publié par Radio-Canada, on apprend que les vélos et les trottinettes électriques ont causé 13 incendies à Moncton au cours de 2025. Une mauvaise recharge des batteries au lithium en serait la cause. Le service d’incendie de la ville a dû lancer un appel à la prudence.

Deux principales raisons ont été identifiée pour expliquer ces incendies : la batterie peut être défectueuse ou l’appareil est resté branché trop longtemps.

En mai dernier, La Presse nous apprenait qu’en deux ans, leur nombre d’incendies reliés aux vélos et aux trottinettes électriques avait triplé à Montréal.

Dans un rapport du Service de sécurité incendie de Montréal, on parlait d’une « augmentation alarmante de 195 % » causée « en grande partie par la popularité croissante des appareils de micromobilité », soit les trottinettes et les vélos électriques.

Même les Forces canadiennes sont aux prises avec le phénomène. En octobre, à l’occasion de la Semaine de la prévention des incendies, le Directeur du service d’incendie des Forces canadiennes (DSIFC) a considéré qu’il était urgent d’agir.

Les incendies de batteries lithium-ion était en augmentation partout au Canada, alimentés par leur présence croissante dans les foyers, les véhicules et les lieux de travail. Les Forces armées canadiennes (FAC) ne sont pas à l’abri de cette tendance. Quelques semaines avant, une moto électrique a pris feu près d’une unité de logement résidentiel à Petawawa en Ontario.

«Ces incidents peuvent produire de la fumée toxique, causer la mort ou des blessures graves et entraîner des dommages pouvant atteindre des centaines de milliers de dollars», rapportait-on.

Fédération des municipalités du Québec

Il y a quelques jours, la Fédération des municipalités du Québec (FMQ) a publié un document intitulé «prévenir les incendies causés par les batteries de vélos électriques.»

On y note que dans les dernières années, les médias ont rapporté une augmentation des cas d’incendies causés par leurs batteries.

«Les batteries de vélos électriques peuvent être à l’origine d’incendies dévastateurs lorsqu’elles explosent après avoir surchauffé. Ces feux peuvent atteindre des températures de plus de 500 °C et produire des gaz toxiques et de la fumée nocive pour les êtres humains», mentionne la FMQ.

Plusieurs recommandations sont formulées à l’intention des municipalités pour prévenir les risques à la suite d’un entretien avec Frédéric Moisan, coordonnateur, Daniel Soucy, conseiller en prévention sport et loisirs, et Philippe Tardif, conseiller-thermographe niveau 2, du Service de la prévention des sinistres du Fonds d’assurance des municipalités du Québec.

L’essor des vélos électriques est une excellente nouvelle pour la popularité des pistes cyclables. Mais comme toute technologie, il vient avec son lot de risques. Une utilisation prudente et un meilleur encadrement pourraient permettre d’éviter que ces incidents ne se multiplient.


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