Du train au vélo : comment réinventer leurs vieilles voies ferrées

Du train au vélo : comment réinventer leurs vieilles voies ferrées

Ce n’est pas d’hier que des cyclistes se lèvent pour réclamer la conversion d’anciennes voies ferrées en pistes cyclables récréatives.

La lutte peut se dérouler sur des décennies. Il faut changer les mentalités, faire preuve de vision et de détermination.

Il n’y a rien de plus désolant de voir des rails abandonnés attendre de devenir un tronçon permettant à des adeptes du vélo de se déplacer pour le travail, l’école ou pour le loisir et le tourisme même.

Je suis tombé sur un récent documentaire du réseau PBS. From rails to trails (Des rails aux sentiers) relate l’histoire de ce mouvement aux États-Unis. Cette lutte a permis de transformer des milliers de kilomètres de voies ferrées désaffectées en pistes cyclables et piétonnes.


Signez la pétition en faveur du projet de piste cyclable Saint-Hyacinthe à Stanbridge Station


Les promoteurs se sont heurtés à des contestations judiciaires de la part de propriétaires privés afin de reconquérir ces espaces pour le public. Aujourd’hui, on a créé un réseau national de sentiers pittoresques et sans voitures.

Ils ont pris la balle au bond après que la locomotive, qui régnait en maître sur le territoire américain, ait perdu de la vitesse face un autre moyen de transport pour les marchandises, le camion.

Des installations abandonnées

Dès les années 50 et 60, des voix se sont élevées pour réclamer des espaces pour piéton et ensuite les cyclistes. On réclamait de pouvoir utiliser les sites inutilisés pour se déplacer à pied ou à vélo. Les chemins de fer reliant en ligne droite différents secteurs d’une ville devenaient ainsi d’intéressants corridors pour les déplacements urbains. Ensuite, on a pu s’en servir pour voyager d’une communauté à l’autre sur des vélos.

Le documentaire Rail to trail présente des images d’époque. / PBS

Les images présentées dans le documentaire montrent des installations abandonnées par les compagnies ferroviaires, dans des centres-villes ou des campagnes. Les transformer en pistes cyclables a permis de valoriser ces tristes paysages en infrastructures accueillantes et vivantes.   

Pendant une heure, le documentaire nous fait rencontrer divers intervenants ayant participé à la lutte aux quatre coins des États-Unis.

Certains tronçons traversent des paysages ruraux au fil des trajets du rail. Ils font rouler les cyclistes dans des tunnels creusés dans des montagnes par les bâtisseurs ayant besogné il y a des centaines d’années. Pédaler sur une telle piste cyclable, c’est aussi croiser du spectaculaire sur son chemin.

From rails to trails m’a fait penser à d’autres projets de conversion espérés ici. Évidemment, celui qui relierait Saint-Hyacinthe à Stanbridge Station, en Montérégie. Ce corridor cyclable, qui s’étalerait sur près de 70 km, est attendu depuis trop longtemps.   

D’ailleurs, j’ai lancé une pétition réclamant que le dossier avance plus rapidement du côté du gouvernement provincial.

«Rail with trail»

Récemment, j’ai eu l’occasion de rencontrer Marc Panneton, coordonnateur vélo à la retraite au ministère des Transports du Québec. Il est le père des accotements asphaltés le long des routes provinciales destinés aux cyclistes.

«Rail with trail», c’est aussi possible. / ChatGPT

On peut en apprendre davantage sur son histoire dans le livre La Route verte, la plus belle conquête du vélo – de Jean-François Pronovost, un ancien chargé du projet pour Vélo Québec – que j’ai chroniqué il y a quelques jours.

Ma discussion avec M. Panneton a vite porté sur la conversion des anciennes voies ferrées en pistes cyclables. Il est évidemment en faveur. Il est aussi au courant que ça ne se fait pas en criant ciseau.

Se départir d’un corridor ferroviaire, même inactif, n’est pas toujours une option évidente. Reconstituer une ligne de chemin de fer après l’avoir convertie en piste cyclable est un pensez-y bien. Si jamais on souhaite y faire à nouveau rouler des trains un jour, il en coûtera extrêmement cher. Une fois devenu un sentier multifonctionnel récréatif, difficile de revenir en arrière.

Il me faisait toutefois remarquer qu’il existe la formule «rail with trail», en plus de «rail to trail».

Comme son nom le dit, le concept «rail with trail» permet la circulation des cyclistes près de la voie ferrée en activité. La question de la sécurité demeure, mais on peut l’appliquer dans le cas de tronçons où les convois se déplacent à basse vitesse. Par exemple, dans des parcs industriels, alors que des trains transportent de la marchandise d’une usine à l’autre ou à l’intérieur d’une même ville.

Voilà un concept à retenir pour faire avancer certains projets en dormance…


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